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Spiritualité 7 min · Juin 2026

La prière de consultation (Salât al-Istikhâra) : guide complet

La prière de consultation pour t'aider à décider : signification, situations, méthode étape par étape et invocation authentique d'après al-Bukhârî.

Tu hésites devant un choix important : un mariage, un emploi, un déménagement, un projet ? L'islam t'offre un outil précieux et apaisant : la Salât al-Istikhâra, la prière de consultation. Loin d'être un rituel compliqué ou mystérieux, c'est avant tout une remise de confiance entre les mains d'Allah. Voici comment la comprendre et l'accomplir, simplement.

Qu'est-ce que la Salât al-Istikhâra ?

Le mot istikhâra vient de la racine arabe qui signifie « demander le bien ». Concrètement, la Salât al-Istikhâra est une prière par laquelle le croyant demande à Allah de l'orienter vers ce qui est le meilleur pour lui, lorsqu'il se trouve face à un choix dont il ignore l'issue.

Cette prière repose sur un principe simple et profondément apaisant : Allah connaît ce que nous ignorons. Nous, nous ne voyons que l'instant présent ; Lui connaît les conséquences de chaque décision, dans cette vie comme dans l'au-delà. Faire l'istikhâra, c'est reconnaître sa propre limite et placer sa confiance (tawakkul) en Celui qui voit tout.

Le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) enseignait l'istikhâra à ses compagnons avec autant de soin qu'il leur enseignait une sourate du Coran, comme le rapporte l'imam al-Bukhârî d'après Jâbir ibn 'Abdillâh (qu'Allah l'agrée). C'est dire son importance dans la vie du musulman.

Dans quelles situations la faire ?

L'istikhâra concerne les choix licites dont on ne connaît pas la meilleure direction. Par exemple : accepter ou non une proposition de mariage, choisir entre deux offres d'emploi, déménager dans une autre ville, se lancer dans un projet, faire un investissement, choisir une formation.

En revanche, on ne fait pas l'istikhâra pour ce qui est déjà clairement obligatoire ou interdit. On ne demande pas si l'on doit accomplir la prière, jeûner le Ramadan ou, à l'inverse, commettre un péché : la réponse est déjà connue. L'istikhâra porte sur le permis, là où plusieurs portes restent ouvertes.

Il est tout à fait recommandé de l'accompagner de la shûrâ, c'est-à-dire la consultation de personnes de confiance, compétentes et de bon conseil. L'istikhâra n'est pas une excuse pour se passer de réflexion : on prie Allah de nous guider, et on continue d'utiliser intelligemment les moyens qu'Il nous a donnés.

Comment l'accomplir étape par étape

1. L'intention et la purification. Comme pour toute prière, assure-toi d'être en état d'ablutions (wudû'). Forme dans ton cœur l'intention d'accomplir la prière de consultation au sujet de l'affaire qui te préoccupe.

2. Prier deux unités (rak'ât) surérogatoires. Accomplis deux unités de prière comme une prière normale. Il ne s'agit pas d'une prière obligatoire : c'est une prière volontaire (nâfila) que tu accomplis spécialement dans ce but. Beaucoup de savants conseillent de la faire en dehors des moments où la prière est déconseillée.

3. Réciter l'invocation après la prière. Une fois les deux unités terminées, lève les mains et récite l'invocation d'istikhâra rapportée par le Prophète (paix sur lui). C'est le cœur de cette prière.

4. Nommer ton affaire. Lorsque tu arrives, dans l'invocation, à l'expression « cette affaire », mentionne précisément ce qui te préoccupe (« ce mariage », « cet emploi », « ce déménagement »…), soit à voix basse, soit dans ton cœur.

L'invocation de l'istikhâra (d'après al-Bukhârî)

Voici le début de l'invocation enseignée par le Prophète (paix et bénédictions sur lui), rapportée par al-Bukhârî, avec sa translittération et sa traduction :

Arabe : اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيرُكَ بِعِلْمِكَ، وَأَسْتَقْدِرُكَ بِقُدْرَتِكَ، وَأَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ الْعَظِيمِ

Translittération : Allâhumma innî astakhîruka bi-'ilmika, wa astaqdiruka bi-qudratika, wa as'aluka min fadlika-l-'azhîm.

Traduction : « Ô Allah, je Te demande de m'orienter vers le bon choix par Ta science, je Te demande la capacité par Ta puissance, et je Te demande de Ton immense grâce. »

L'invocation se poursuit ensuite par cette demande au sens suivant : « Ô Allah, si Tu sais que cette affaire est un bien pour moi, dans ma religion, ma vie et l'issue de mes affaires, alors décrète-la pour moi, facilite-la-moi et bénis-la pour moi. Et si Tu sais qu'elle est un mal pour moi, dans ma religion, ma vie et l'issue de mes affaires, alors éloigne-la de moi et éloigne-moi d'elle ; et destine-moi le bien là où il se trouve, puis rends-moi satisfait de lui. » Si tu n'es pas certain de la version arabe complète, tu peux réciter le début connu, puis exprimer la suite en français : l'essentiel est la sincérité du cœur.

Les idées reçues à corriger

« Il faut absolument voir un rêve. » C'est l'erreur la plus répandue. Rien dans le hadith authentique ne mentionne un rêve. L'istikhâra n'est pas une voyance : tu ne dois pas attendre une vision, une couleur particulière ou un signe spectaculaire. La réponse passe le plus souvent par le déroulement naturel des choses : ce qui est un bien pour toi te sera facilité, et ce qui est un mal sera écarté.

« Je vais ressentir un signe immédiat. » Tu n'es pas obligé de ressentir quoi que ce soit de spécial juste après la prière. L'apaisement du cœur peut être une indication, mais l'orientation d'Allah se manifeste surtout à travers les événements et les facilités (ou les obstacles) qui se présentent ensuite.

« On ne peut la faire qu'une seule fois. » Si tu n'as pas de clarté, tu peux renouveler l'istikhâra plusieurs fois, sans nombre fixe imposé. L'important est de continuer à avancer avec confiance après avoir prié, en prenant la décision qui te paraît la plus raisonnable, sans rester paralysé par l'attente.

« Une autre personne peut la faire à ma place. » L'istikhâra est une affaire personnelle entre toi et ton Seigneur, au sujet de ta propre situation. C'est à toi de prier et de demander, car c'est ton cœur et ton choix qui sont concernés.

Après l'istikhâra : avancer avec confiance

Une fois la prière accomplie, prends ta décision avec sérénité et mets-la en œuvre. Beaucoup de savants rappellent que l'on agit selon ce vers quoi notre cœur penche après avoir consulté Allah et les gens de confiance, en s'en remettant pleinement à Lui.

Le vrai fruit de l'istikhâra n'est pas tant de « deviner l'avenir » que de retrouver la paix intérieure : quoi qu'il arrive, tu sais que tu as demandé le meilleur à Celui qui détient le meilleur. C'est cela, le tawakkul : faire les efforts nécessaires, prier, puis accepter le décret d'Allah avec un cœur apaisé.

Qu'Allah te facilite tes choix, t'oriente toujours vers ce qui est un bien pour ta religion et ta vie, et mette la bénédiction dans tes décisions.

Questions fréquentes

Quand peut-on faire la prière d'istikhâra ?

Tu peux la faire dès que tu te trouves face à un choix licite dont tu ignores la meilleure issue : un mariage, un emploi, un déménagement, un projet… On évite généralement les moments où la prière surérogatoire est déconseillée, mais à part cela, elle peut se faire à tout moment de la journée ou de la nuit.

Faut-il forcément voir un rêve après l'istikhâra ?

Non, c'est une idée reçue. Le hadith authentique rapporté par al-Bukhârî ne mentionne aucun rêve. L'orientation d'Allah se manifeste surtout par la facilité ou les obstacles qui apparaissent ensuite, ainsi que par l'apaisement du cœur. Il ne faut pas attendre une vision particulière.

Peut-on répéter l'istikhâra plusieurs fois ?

Oui. Si la situation n'est pas claire, tu peux renouveler la prière de consultation sans nombre fixe imposé. L'essentiel est de ne pas rester paralysé : après avoir prié et consulté des personnes de confiance, prends la décision la plus raisonnable en t'en remettant à Allah.

Une autre personne peut-elle faire l'istikhâra à ma place ?

Non, l'istikhâra est une affaire personnelle entre toi et ton Seigneur, au sujet de ta propre situation. C'est ton choix et ton cœur qui sont concernés, donc c'est à toi de prier et de demander l'orientation d'Allah.

Sources
  • Sahîh al-Bukhârî — hadith de Jâbir ibn 'Abdillâh (qu'Allah l'agrée) sur la prière de consultation (Salât al-Istikhâra)
  • Coran, sourate Âl 'Imrân (3:159) — sur la consultation (shûrâ) et la confiance en Allah (tawakkul)